Le candidat idéal existe-t-il vraiment ?

recrutement sur mesure

Dans la réalité, la recherche du candidat idéal peut rapidement devenir un piège.

  • une connaissance immédiate de l’environnement de l’entreprise ;
  • un excellent niveau d’anglais ;
  • une grande disponibilité ;
  • une personnalité autonome, diplomate, proactive et adaptable ;
  • le tout dans une enveloppe salariale déterminée.

La fiche de poste ne décrit alors plus seulement la personne capable de réussir dans la fonction. Elle devient la représentation d’un candidat théorique, immédiatement opérationnel, qui aurait déjà exercé exactement le même métier, dans le même environnement, avec les mêmes outils et les mêmes contraintes.

D’autres éléments, en revanche, peuvent être appris.

Un logiciel, une méthode interne, les habitudes d’un dirigeant ou les particularités d’un secteur peuvent généralement faire l’objet d’une période d’intégration. Un candidat qui ne maîtrise pas encore parfaitement un outil mais qui a démontré sa capacité à apprendre rapidement peut être plus pertinent qu’un autre qui coche la case technique sans disposer de la posture attendue.

Les indispensables, sans lesquels la prise de poste serait réellement compromise.

Les compétences transférables, acquises dans un autre secteur ou dans une fonction proche, mais directement mobilisables.

Les compétences qui peuvent être apprises, à condition que l’entreprise soit prête à accompagner la montée en puissance du candidat.

Cette hiérarchisation permet de conserver un niveau d’exigence élevé tout en évitant de fermer inutilement la recherche.

Un candidat issu d’un autre univers professionnel peut apporter des méthodes différentes, une nouvelle façon de travailler ou une capacité à remettre en question certaines habitudes. Il peut également avoir évolué dans un environnement plus exigeant, plus structuré ou plus complexe, et disposer ainsi de compétences parfaitement transférables.

À l’inverse, une personne connaissant très bien le secteur ne sera pas nécessairement adaptée à la culture de l’entreprise, au fonctionnement du manager ou au niveau d’autonomie demandé.

La bonne question n’est donc pas toujours : « A-t-il déjà travaillé dans notre secteur ? »

Les parcours moins conventionnels peuvent parfois être plus difficiles à lire. Ils demandent davantage d’analyse et de curiosité. Pourtant, ils révèlent souvent des qualités précieuses : agilité, prise de recul, courage professionnel ou capacité à sortir de sa zone de confort.

Le rôle du recrutement est précisément de regarder au-delà de la simple correspondance entre un CV et une fiche de poste.

Le candidat parfait peut aussi être inaccessible

Il existe enfin une autre réalité : lorsqu’un profil coche toutes les cases, il est généralement très recherché.

Un candidat immédiatement opérationnel, issu du même secteur, maîtrisant tous les outils et disposant exactement du niveau d’expérience attendu aura probablement plusieurs opportunités. Ses attentes salariales peuvent également être supérieures au budget initialement prévu.

Une entreprise doit alors vérifier la cohérence entre ses exigences et ce qu’elle est en mesure de proposer :

  • la rémunération est-elle alignée avec le marché ?
  • les responsabilités confiées correspondent-elles au niveau recherché ?
  • le poste offre-t-il des perspectives suffisamment attractives ?
  • l’organisation du travail répond-elle aux attentes actuelles des candidats ?
  • le processus de recrutement est-il assez fluide pour ne pas perdre les meilleurs profils ?

Il est difficile d’attirer un candidat exceptionnel avec une proposition simplement moyenne.

Lorsque le marché ne répond pas aux critères définis, il est donc parfois nécessaire non pas de poursuivre indéfiniment la recherche, mais de réinterroger le poste, le budget ou les priorités.

C’est celui qui possède les compétences indispensables, comprend les enjeux du poste, partage les attentes de l’entreprise et dispose du potentiel nécessaire pour s’inscrire durablement dans la fonction.

Un bon recrutement repose rarement sur une correspondance parfaite. Il repose sur un équilibre.

L’équilibre entre l’expérience et le potentiel. Entre les compétences déjà acquises et celles qui pourront être développées. Entre les attentes de l’entreprise et ce qu’elle peut réellement offrir.

Accepter cette part de souplesse ne signifie pas faire des concessions sur la qualité du recrutement. Cela permet, au contraire, de concentrer l’évaluation sur les critères qui auront une véritable influence sur la réussite du candidat.