Le reverse mentoring : Pourquoi, pour qui, comment ?

Le reverse mentoring sonne et résonne dans nos oreilles depuis quelques années… Le concept aurait été mis en place dans les années 2000 chez General Electric. Jack Welch aurait donc été le précurseur de ce « modèle pédagogique » où les seniors sont formés par les juniors ! Voilà un mode de travail plus humain et plus horizontal qui met en avant les soft skills de la Génération Y et de tous les digital natives…(les mots sont posés :-) !)

Concrètement, pourquoi mettre en pratique le reverse mentoring, à qui s’adresse-t-il réellement et comment le mettre en application et le faire vivre ?

Le reverse mentoring : le pari gagnant

Peu importe la taille de l’entreprise (sauf si vous êtes seul…bien entendu) il y a toujours des profils juniors et des profils seniors. Chacun avec leur compétence et expérience. Ce qui fait d’eux des sources de savoirs non négligeables !

Ces dernières années, avec la révolution digitale, de nouvelles générations ont été mises sur le devant de la scène. Les entreprises décelant en elles un accélérateur de carrière et un levier à la progression de leur expertise / performance. Les plus juniors ont donc été encouragés à partager et transmettre leurs connaissances et compétences, surtout en matière de digitalisation, aux seniors faisant ainsi progresser le collectif et mettant en exergue les soft skills de chacun ! Ainsi, les membres de l’entreprise vont monter en compétences, les relations humaines vont se fluidifier, les occasions de se rencontrer et de travailler ensemble vont se multiplier dévoilant petit à petit une nouvelle culture d’entreprise !

La transformation digitale a conduit petit à petit à l’isolement de certains collaborateurs-rices. Le reverse mentoring est aujourd’hui une solution pour que les juniors développent leur sentiment d’appartenance à l’entreprise et insufflent leurs connaissances numériques. C’est un pari gagnant, une transformation réussie et pérenne pour les salariés et l’entreprise. 

Les mentors & les mentorés

Pour réussir ce pari il faut trouver le bon combo ! Tout le monde ne s’accorde pas et il faut associer les bons profils. Au-delà des compétences techniques et de sa solide expertise, le mentor doit présenter une certaine forme de générosité et de volonté pour pouvoir transmettre au mentoré. À l’inverse, le mentoré donc plus senior, doit quant à lui être prêt à recevoir une information sur un sujet qu’il ne maîtrise pas complètement de la part du junior.

Pour que cela fonctionne, il faut réussir à créer une VRAIE relation de confiance entre les deux parties prenantes. Car l’effet recherché du reverse mentoring n’est pas de dérouler sa science mais bien de faire comprendre au mentoré les enjeux stratégiques de l’utilisation et du développement de certains outils et techniques digitales.

Il est conseillé que ces deux acteurs n’aient aucun lien hiérarchique et ne fasse pas forcément partie du même service. Cela permet au réseau de l’entreprise de s’élargir tout en évitant les tensions et de développer les possibilités d’innovations !

Quid de l’application du reverse mentoring

Pour obtenir la motivation des mentorés sur un sujet avec lequel ils ne sont pas à l’aise et qui, de surcroît, sera expliqué par une personne, certes experte, mais plus jeune qu’eux, il faut réussir à crédibiliser cette formation en la rendant comme l’occasion de générer de nouvelles performances ensemble !

L’idée est de créer un binôme efficient et persévérant en constante motivation. Il est donc important de fournir les outils d’échanges nécessaires aux mentors et mentorés.

Comme le reverse mentoring est en place pour accompagner la transformation digitale des entreprises, il est important d’établir un programme spécifique dédié et de proposer pour son application des outils comme des plateformes collaboratives, des forums de discussion et d’évaluations, cela favorisera les échanges et la collaboration intergénérationnelle.

Le fossé générationnel entre la génération Y et les seniors est relativement étroit dans l'entreprise. Même si le reverse mentoring est bien une opportunité de renforcer les liens entre les générations et d’initier d’une façon « ludique » les seniors aux nouvelles technologies, la dimension pédagogique ne doit pas être négligée et les mentors doivent être choisis avec minutie. Tous les jeunes ne sont pas experts et n’ont pas une vision stratégique de l’utilisation des réseaux sociaux. Tout comme ils ne présentent pas nécessairement des aptitudes pour transmettre leurs connaissances.

Le reverse mentoring est bel et bien une démonstration de performance managériale : faire tomber les barrières et ouvrir le champs des possibles…tout cela en inversant les rôles !